Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 12:18

D'après la Banque de France, la fraude de paiement en ligne par carte bancaire a augmenté de 76% en 2008 pour atteindre 95 millions d'euros. Un problème d'autant plus grave pour les petits e-commerçants, qui manquent de moyens techniques et financiers pour lutter contre ces paiements frauduleux. Mais des solutions existent.

Voici cinq conseils pour déjouer les fraudeurs.


Se méfier des commandes inhabituelles

Premier conseil, faire preuve de bons sens pour refuser les commandes qui sortent de l'ordinaire. "Ne pas livrer n'importe quoi, n'importe quand".

Le
montant des commandes constitue souvent un bon indicateur. Un achat d'un prix largement supérieur au panier moyen du site marchand doit mettre la puce à l'oreille. "Les fraudeurs organisés ne se dérangent pas pour quelques dizaines d'euros",

La fraude moyenne sur Internet se situerait autour de 500 euros.


De la même manière, derrière une commande d'une quantité anormalement élevée de produits, ou derrière plusieurs commandes en un temps limité, peut se trouver un réseau de revente. Cela concerne notamment les produits high tech, particulièrement appréciés des fraudeurs.


Enfin, l'heure à laquelle l'achat a eu lieu peut être prise en compte. "Chaque marchand a des heures pendant lesquelles il reçoit l'essentiel de ses commandes".
Une société de sécurisation des transactions dans la vente à distance. Ces plages horaires varient selon les secteurs et doivent être rapportées au pays de résidence de l'acheteur.

S'aider d'un logiciel

Détecter une commande frauduleuse peut prendre du temps en fonction du niveau de vérification des différents paramètres. Une solution alternative consiste à confier cette vérification à un tiers. Quelques logiciels remplacent le marchand en automatisant le processus.


Ces logiciels ont bien sûr un coût. Mais celui-ci doit être mis en rapport avec le montant des fraudes évitées.

Comment fonctionnent ces systèmes ? Ils récupèrent les dizaines d'élèments liés à la commande (données bancaires, coordonnées de l'acheteur, nombre de produits, adresse IP...) et les analysent. Ensuite, ils calculent un score - on les appelle souvent "logiciels de scoring" - qui détermine le niveau de fiabilité de l'opération


A partir de cet indice, le cybermarchand peut accepter ou non le paiement. Les éditeurs de ces logiciels se rémunèrent différemment. Secuvad facture cette seule évaluation de 15 à 35 centimes par commande, en fonction des volumes.


FIA-NET ajoute à l'estimation du risque une assurance optionnelle. Seules les commandes jugées fiables sont couvertes. Pour les petits marchands, ce service coûte 700 euros de cotisation annuelle minimale, puis une commission de 0,25 à 0,70 % du chiffre d'affaires soumis. Autre solution, celle d'Ogone, mais qui n'est disponible qu'aux clients de sa plate-forme de paiement.

Eviter certains pays

Faire du commerce avec certains pays comporte des risques. En 2008, les fraudes venant de l'étranger ont plus que doublé sur Internet, indique la Banque de France.

A peu près du même niveau que les fraudes "nationales" en 2007, elles ont atteint 56 millions d'euros l'année suivante, contre moins de 39 millions d'euros pour la France.

Certains pays concentrent une forte proportion de fraudeurs organisés. C'est le cas des pays d'Europe de l'Est et de la Russie, ainsi que de l'Afrique de l'Ouest.  


Mais comment localiser l'acheteur, qui peut se faire livrer dans un autre pays que le sien ? Un moyen simple consiste à se baser sur son adresse IP. Des sites Web type "whois" permettent d'en connaître l'origine.


L'utilisation d'un proxy (un serveur permettant de rendre anonyme la connexion) doit également rendre méfiant le commerçant. Et "si un proxy s'ajoute à une adresse IP étrangère, il y a le feu !", prévient Gilles Defendini. Pour limiter les risques, le marchand en ligne peut choisir la solution radicale de se concentrer sur le marché français.


A l'inverse, des pays présenteraient beaucoup moins de risques que la France. Il s'agit en particulier de l'Allemagne, des pays du Benelux et de Scandinavie. Les pays d'Asie seraient également plus sûrs, selon Jean-Luc Wernoth, puisque la rétractation des acheteurs y seraient pratiquement impossible.

Utiliser des moyens de paiement alternatifs

La carte bancaire est de loin le moyen de paiement le plus utilisé en e-commerce, avec une part estimée par la Fevad à 85 % en 2008. Pourtant, d'autres moyens donnent de meilleures garanties de paiement au commerçant.


Le virement interbancaire a l'avantage d'empêcher l'acheteur de se rétracter. Mais c'est pour cette raison qu'il effraie de nombreux consommateurs et que peu de marchands en ligne l'utilisent. Jean-Luc Wervoth le recommande pour les sites ayant des volumes importants.  


Le paiement par chèque ne comporte pas de gros risques sur Internet, à condition de demander également une copie de pièce d'identité.


Autre solution, utiliser des intermédiaires. CardsOff par exemple garantit au marchand d'être payé. Car l'internaute ne communique ses coordonnées bancaires et personnelles qu'à cet intermédiaire. Les fonds de l'acheteur sont mis sous séquestre et versés aux marchands à la livraison.


Mais en matière de moyens de paiement, le commerçant doit veiller à trouver le bon équilibre entre ses risques d'un côté et les craintes des consommateurs de l'autre. Gilles Defendini rappelle une lapalissade du commerce : "Pas de clients, pas de fraude!" 

Contacter les clients suspects

En cas de doute sur la fiabilité d'une transaction, les professionnels conseillent de contacter l'acheteur, de préférence par téléphone.

Outre la rétractation, le deuxième grand type de fraude provient du détournement de données bancaires. Pour s'assurer de l'identité et de l'adresse du client, l'e-commerçant peut demander alors l'envoi d'une quittance de loyer ou d'une copie de pièce d'identité.


"Quand on demande des informations complémentaires, en général le masque tombe immédiatement", assure Jean-Luc Wernoth. 


En cas de fraude, le contact peut se transformer en poursuites. Car rechercher et attaquer les mauvais payeurs permettrait de se protéger contre de futures tentatives, selon Gilles Defendini. "Ne pas poursuivre, c'est un encouragement pour recommencer. Un fraudeur qui ne risque rien s'y repprendra à deux, trois, mille fois s'il le faut", assure-t-il.


Cet expert prêche aussi pour sa paroisse. Car sa société Secuvad fournit un service de poursuites des fraudeurs. Elle se rémunère uniquement sur les débiteurs, en prélevant une commission de 50 % des sommes recouvrées.



 

Par opportunite38 - Publié dans : Conseils Arnaque - Communauté : Arnaque du Net
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